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Les Gacaca

Tribunaux communautaires villageois
 une assemblée villageoise présidée par les anciens

Gacaca est le nom rwandais pour tribunal communautaire villageois. (Prononcer Gachacha).

À l’origine les Gacaca permettaient de régler des différents de voisinage ou familiaux sur les collines. Elles étaient très éloignées des pratiques juridiques modernes. Il s’agissait d’une assemblée villageoise présidée par des anciens où chacun pouvait demander la parole.

Gacaca signifie « gazon » en kinyarwanda, c’est-à-dire l’endroit où l’on se réunit.

Ces tribunaux ont été réactivés, malgré l’Etat de Droit du Rwanda, pour accélérer le nécessaire procès des quelques centaines de milliers de personnes accusées de participation au génocide rwandais de 1994, après une attente d’une décennie où rescapés et génocidaires ont dû se côtoyer, sans que « justice soit faite ». Au moment où l’on a lancé l’idée des Gacaca, 130 000 prisonniers croupissaient depuis des années en prison et il aurait fallu 200 ans à la justice rwandaise pour les juger.

Elles ont été créées pour juger les auteurs présumés du génocide à l’exception des planificateurs et des personnes accusées de viols qui sont jugés par les tribunaux conventionnels ou par le Tribunal pénal international pour le Rwanda.

Le principal obstacle à la création des Gacaca fut de former le personnel et de préparer la population à des pratiques qui devaient favoriser un lien entre cette justice populaire ancestrale et la justice gouvernementale.

Le 15 janvier 2005, huit mille nouvelles juridictions « Gacaca », (tribunaux populaires chargés de juger les auteurs présumés du génocide rwandais de 1994), ont entamé la phase administrative de leur travail. Elles viennent se rajouter aux 750 « Gacaca » pilotes mises en place depuis 2001.

Les « Gacaca » sont constituées de personnes élues pour leur bonne réputation. Elles sont qualifiées d’"intègres". Elles ont suivi une formation juridique de base. Les accusés n’ont pas d’avocat, mais tous les villageois peuvent participer et intervenir, soit à charge, soit à décharge. Le premier jugement de la phase opérationnelle a eu lieu le 11 mars 2005.


La majorité de la population ne s’est pas opposée aux tueurs lors du génocide et les rescapés craignent que ces jugements se fassent dans un contexte populaire défavorable à la vérité.

La grande question, est suspendue aux expériences pilotes conduites au Rwanda qui ont montré que ces tribunaux risquent de révéler sept cent cinquante mille personnes ayant participé aux tueries. Cela représente environ six fois le nombre de personnes actuellement emprisonnées et presque 10 % de la population actuelle du Rwanda (proportionnellement, en France, cela représenterait trois millions six cent mille personnes).

On évalue depuis longtemps que le nombre de tueurs se situe au moins autour du million de personnes. Certains parlent de deux millions. Beaucoup sont en fuite, particulièrement en République démocratique du Congo ou sont morts, notamment du sida à la suite des viols nombreux.

De nouvelles vagues de réfugiés dans les pays voisins ont vu le jour en 2005 à cause du démarrage des « Gacaca » et l’une des revendications actuelles des FDLR est l’arrêt de ces juridictions accusées de faire peur aux Rwandais. Six-mille Rwandais ont fuit au Burundi en avril-mai 2005 et ont été renvoyés au Rwanda.


Des jugements rendus

Des centaines de jugements sont rendus par les Gacaca. Il est parfois surprenant de voir dans certains villages, alors que les victimes sont parfois extrêment minoritaires sur le plan des clivages ethniques, que des assassins sont quand même condamnés.

Cela montre que ceux qui n’ont pas pu afficher leur désaccord avec les autorités lors des massacres, l’affichent probablement maintenant.
Mais il est aussi probable, que ce soit aussi la crainte des autorités qui favorise ce retournement. Ce qui expliquerait aussi les fuites de Rwandais à l’étranger à cause des Gacaca.

En septembre 2005, un Père blanc belge, le Père Guy Theunis, a comparu devant une Gacaca. Des personalités internationales ont pu y participer. Ainsi Madame Alison Desforges, d’Human Rights Watch, a pu par exemple prendre (sans succès) la défense du Père Theunis. Celui-ci a été classé dans la première catégorie des criminels et donc relève de la justice classique du Rwanda.


Emmanuel Cattier, militant de Survie en Alsace a beaucoup contribué à la rédaction de l’article que nous reproduisons en partie ici. L’article d’origine est consultable sur le site de Wikipédia, page Génocide au Rwanda et sur le site de Survie en Alsace

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