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Roméo Dallaire, le dernier des justes

Les Nations Unies pendant le génocide
 "... sans utiliser le mot de génocide"

11 Janvier 1994, minuit. Dans un sombre bureau des Nations Unies, un fax est adressé à Kofi Annan, le directeur du Département des opérations de paix. A l’autre bout du monde, dans un poste militaire de Kigali (Rwanda), l’expéditeur du fax attend impatiemment la réponse.

Il se nomme Roméo Dallaire, il est canadien, lieutenant général des forces de paix au Rwanda. Son message constitue en fait la dernière de ses tentatives pour alerter ses supérieurs de l’attaque imminente de la milice Hutu (l’interahamwe) envers les Tutsi et les Hutu modérés.

Le 6 avril 1994, le massacre débute. 100 jours plus tard, on compte 800 000 victimes, au rythme de cinq cadavres à la minute...

Cet excellent film s’applique à démontrer pas à pas comment Roméo Dallaire, prévenu par un indicateur de l’existence de listes de noms et de caches d’armes destinées à un génocide, va s’acharner jusqu’au bout pour demander un appui à ses supérieurs ainsi que l’autorisation d’intervenir.

Nous apprenons que non seulement les renforts n’arriveront pas mais que le général recevra l’ordre de quitter le Rwanda car sa mission est terminée. Entre temps le massacre a commencé, les soldats belges ont été rappelés par leur gouvernement, abandonnant les victimes à leurs bourreaux.

Dallaire refuse de partir et tente de créer des zones de sécurité. En juillet 94, le Front Patriotique Rwandais (FPR), groupement des rebelles Tutsi, reprend le pouvoir. Le Conseil de sécurité condamne alors le massacre, sans utiliser le mot de génocide. (La résolution 912 de l’ONU stipulant une intervention immédiate en cas de génocide !)

Le témoignage inédit et prenant de Roméo Dallaire est entrecoupé d’images d’archives, certaines filmées par Nick Hughes, le réalisateur de « 100 jours », les deux films étant d’ailleurs co-produits par le rwandais Eric Kabera, présent à Vues d’Afrique.

Ne se limitant pas à expliquer le processus d’abandon, le documentaire de Steven Silver parle également des complicités qui ont permis le déclenchement des cent jours, ainsi que de l’origine du conflit Hutu-Tutsi, lentement fabriqué et entretenu par le colonialisme.


Roméo Dallaire, le dernier des justes
Réalisateur : Steven Silver,
52 mn
Documentaire vidéo
Canada, 2002

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